Quitter un CDI sans démissionner ni attendre un licenciement, c’est le principe de la rupture conventionnelle. Encore faut-il savoir par où commencer pour lancer la démarche auprès de son employeur. Voici comment formuler la demande, négocier les conditions et suivre la procédure jusqu’à la signature.
Qu’est-ce qu’une rupture conventionnelle et qui peut la demander ?
La rupture conventionnelle est un mode de rupture du contrat de travail négocié d’un commun accord entre le salarié et l’employeur. Elle concerne exclusivement les CDI du secteur privé : un CDD ne peut pas y avoir recours, sauf s’il est requalifié en contrat à durée indéterminée. Elle est également exclue dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), où d’autres dispositifs de rupture s’appliquent.
Le code du travail encadre cette procédure pour garantir que le consentement des deux parties reste libre et éclairé. Contrairement à une démission ou à un licenciement, ni l’employeur ni le salarié n’a besoin de justifier de motif particulier : la volonté commune de se séparer suffit à enclencher le processus.
Comment formuler votre demande de rupture conventionnelle ?
Aucun formalisme imposé : oral ou écrit
La demande de rupture conventionnelle peut se faire à l’oral, lors d’un échange informel, ou par écrit. Aucune règle n’impose une forme précise : un mail, un courrier remis en main propre ou une lettre recommandée conviennent tout aussi bien. En pratique, l’écrit reste préférable car il permet de dater la démarche et d’éviter les malentendus sur qui a pris l’initiative.
Si vous êtes salarié et que vous souhaitez engager la discussion, mieux vaut d’abord solliciter un rendez-vous plutôt que d’annoncer directement votre décision par courrier. Cela laisse à l’employeur le temps de réfléchir et ouvre la voie à un échange plus serein sur les modalités.
Modèle de lettre ou mail de demande
Pour ceux qui préfèrent un écrit, la lettre doit rester courte et factuelle. Elle mentionne votre nom, votre poste, votre ancienneté, et exprime votre souhait d’envisager une rupture conventionnelle, en sollicitant un entretien pour en discuter. Il n’est pas nécessaire d’expliquer les raisons de ce choix ni de proposer d’emblée une date de rupture ou un montant d’indemnité.
Un exemple de formulation simple : « Je vous informe de mon souhait d’envisager une rupture conventionnelle de mon contrat de travail et vous propose un entretien afin d’en discuter les modalités. » Cette approche neutre laisse la porte ouverte à la négociation sans braquer l’employeur.
Les étapes de la procédure après la demande

Entretien(s) de négociation avec l’employeur
Une fois la demande formulée, la loi impose au moins un entretien entre le salarié et l’employeur. Ce rendez-vous sert à discuter des conditions de la rupture conventionnelle : la date de fin de contrat, l’existence ou non d’un préavis, et surtout le montant de l’indemnité de rupture. Plusieurs entretiens sont souvent nécessaires si les positions divergent au départ.
Le salarié peut se faire assister par un membre du personnel ou un conseiller extérieur si l’entreprise n’a pas de représentants du personnel. Cette négociation est le moment clé pour obtenir des conditions plus favorables que le minimum légal, notamment sur le montant de l’indemnité.
Signature de la convention et délai de rétractation
Une fois l’accord trouvé, les deux parties signent la convention de rupture, un document qui reprend la date envisagée de la rupture et le montant de l’indemnité convenue. Un exemplaire doit obligatoirement être remis au salarié, sous peine de nullité de la convention.
À partir de la signature démarre un délai de rétractation de 15 jours calendaires, pendant lequel chacune des parties peut revenir sur sa décision sans avoir à se justifier, par simple lettre recommandée ou remise contre décharge.
Homologation par la DREETS
Passé ce délai, la partie la plus diligente adresse une demande d’homologation à la DREETS (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités), généralement via le téléservice TéléRC. L’administration dispose alors de 15 jours ouvrables pour vérifier que la procédure a été respectée et que le consentement des parties était libre. Sans réponse dans ce délai, l’homologation est réputée acquise.
Le repère à connaître : 2 fois 15 jours
Comptez environ 15 jours calendaires pour la rétractation, puis 15 jours ouvrables pour l’homologation par la DREETS. Entre la signature et la sortie effective des effectifs, prévoyez donc au minimum un mois.
Indemnités et droits au chômage après rupture conventionnelle
L’indemnité de rupture conventionnelle ne peut être inférieure à l’indemnité légale de licenciement, calculée selon l’ancienneté du salarié. Ce montant minimum sert de base à la négociation, mais rien n’empêche d’obtenir davantage si l’employeur y consent, notamment en échange d’un départ plus rapide ou d’une renonciation à certaines démarches.
Contrairement à une démission, la rupture conventionnelle ouvre droit aux allocations chômage. Le salarié doit s’inscrire auprès de France Travail dès la fin du contrat pour faire valoir ses droits, en tenant compte du délai de carence habituel et du différé d’indemnisation lié au montant de l’indemnité perçue.
| Étape | Délai indicatif |
|---|---|
| Entretien(s) de négociation | Variable selon les parties |
| Signature de la convention | Après accord définitif |
| Délai de rétractation | 15 jours calendaires |
| Homologation DREETS | 15 jours ouvrables |
Peut-on se rétracter ou contester la rupture conventionnelle ?

Pendant les 15 jours suivant la signature, le salarié comme l’employeur peuvent se rétracter sans motif ni formalité complexe : une lettre suffit à annuler la procédure. Passé ce délai et une fois l’homologation obtenue, la rupture devient définitive et ne peut plus être annulée unilatéralement.
Une contestation reste possible devant le conseil de prud’hommes, mais uniquement dans un délai de douze mois suivant la date d’homologation, et seulement en cas de vice du consentement (pression, erreur, dol) ou de non-respect de la procédure. Ces recours restent rares en pratique, la plupart des ruptures conventionnelles se déroulant sans litige.






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